Une fronde pour remplacer le big bang

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  • نذير طيار
    أديب وكاتب
    • 30-06-2007
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    Une fronde pour remplacer le big bang

    Une fronde pour remplacer le big bang
    Une
    équipe italienne
    propose une théorie
    alternative à celle
    qui prévaut
    aujourd’hui parmi
    les astrophysiciens.



    NEW SCIENTIST
    Londres

    Je suis un hérétique”, a admis Cristiano
    Germani devant un aréopage
    d’astrophysiciens lors de la
    conférence de cosmologie organisée
    par l’université du Sussex, au
    Royaume-Uni, en août 2007. Rares
    sont ceux qui le contrediront, car il
    avance une théorie radicalement différente
    de celle qui prévaut aujourd’hui.
    Selon lui, l’Univers ne serait
    pas né dans une énorme explosion,
    et n’aurait pas connu de rapide inflation.
    Il ne parle plus de big bang,
    mais de fronde. Au début des
    années 1980, Alan Guth, chercheur
    au Massachusetts Institute of Technology
    (MIT), avait émis l’hypothèse
    que notre univers avait connu
    une inflation, soit une période d’expansion
    très rapide durant les premières
    10-34 secondes qui avaient
    suivi l’explosion de sa naissance.
    UN ESPACE INSTABLE, VIBRANT,
    QUI CHANGE EN PERMANENCE
    Si Cristiano Germani, cosmologiste
    à l’Ecole internationale supérieure
    d’études avancées de Trieste, en Italie,
    reconnaît la beauté et le succès
    de cette théorie, il estime qu’il faut
    la remplacer. “Nous ne disposons
    d’aucune explication physique fondamentale
    sur la façon dont l’inflation
    s’est produite, ni sur sa cause, rappellet-
    il. Et pourtant les cosmologistes,
    aujourd’hui, la considèrent comme
    parole d’Evangile.”
    Cristiano Germani fonde son
    alternative sur un modèle de théorie
    des cordes dans lequel les trois
    dimensions visibles de l’espace sont
    confinées à la surface d’une membrane,
    ou brane, flottant dans un
    espace à dix dimensions. Les dimensions
    supplémentaires s’enroulent en
    une forme complexe appelée espace
    de Calabi-Yau. Le problème avec les
    versions les plus simples de ce
    modèle est que l’espace de Calabi-
    Yau est instable, vibrant, et change
    de taille en permanence. Chaque
    vibration à la surface crée des particules
    indésirables et des forces supplémentaires
    dans l’Univers – qui
    n’ont jamais été observées. Les tentatives
    faites par les théoriciens des
    cordes pour stabiliser cet espace
    aboutissent à sa déformation, en faisant
    surgir d’étranges pointes et gorges.
    Ces déformations sont la clé
    pour expliquer l’évolution de notre
    univers, estime le chercheur italien.
    Cristiano Germani et ses collègues
    ont étudié ce qui se produirait
    si une brane contenant notre univers
    tombait dans une de ces gorges.
    Dans un premier temps, les
    choses s’annonçaient mal : l’Univers
    retombe comme une pierre, et
    se comprime jusqu’au fond de la
    gorge, où il subit un “big crunch”,
    une grande contraction au cours de
    laquelle il s’effondre sur lui-même.
    Les chercheurs ont alors envisagé un
    univers tournant sur lui-même, ce
    qui constitue une version “bien plus
    réaliste”, affirme Cristiano Germani.
    Or quelque chose de fort intéressant
    arrive à un univers en rotation quand
    il dévale la gorge.
    PAS DE BIG BANG
    DONC PAS D’INFLATION
    Parce qu’il tourne sur lui-même, il
    ne s’encastre pas au fond de la gorge,
    mais y tourbillonne plutôt. Puis, tel
    un boomerang ou une pierre lancée
    avec une fronde, il remonte pour un
    vol de retour. Germani s’est aperçu
    que cette seconde partie du voyage
    pourrait correspondre à l’univers en
    expansion que nous observons
    aujourd’hui. Ce modèle permettrait
    de résoudre le problème dit “de l’horizon”
    sans recourir à l’inflation. En
    quoi consiste ce problème ? Où
    qu’on regarde dans l’Univers, la température
    de fond est à peu près la
    même. Or, il ne s’est pas écoulé assez
    de temps depuis le big bang pour que
    le rayonnement fasse un aller-retour
    à travers l’Univers en échangeant des
    informations sur la température.
    L’inflation résout ce problème, parce
    que les régions de l’espace situées de
    chaque côté de l’univers visible
    aujourd’hui auraient pu jadis être
    proches l’une de l’autre, avant de se
    séparer sous l’effet de l’inflation.
    Dans le scénario de la fronde, il
    n’y a pas de big bang, et donc pas de
    problème d’horizon. “Nous n’avons
    pas de début du temps, par conséquent
    l’Univers est suffisamment vieux pour
    que les régions situées des deux côtés du
    ciel aient été en contact par le passé,
    explique Cristiano Germani. Dans le
    scénario de la fronde, nous aurions un
    univers ayant toujours existé.” Les calculs
    de son équipe montrent également
    que la densité en apparence
    finement réglée de l’univers actuel
    survient naturellement avec la fronde,
    même si l’inflation peut également
    expliquer cela. Pourtant, en 2006, la
    thèse de l’inflation a été renforcée
    par des mesures de la répartition des
    points chauds et froids dans le fond
    diffus cosmologique (CMB) menées
    par la sonde Wilkinson Microwave
    Anisotropy Probe. Ces mesures semblent
    s’accorder parfaitement avec
    les prédictions d’inflation. Mais,
    lorsque Cristiano Germani a calculé
    la répartition des températures dans
    son univers de fronde, il a découvert
    qu’elles correspondaient également
    aux données. Le cosmologiste italien
    et ses collègues cherchent actuellement
    à déterminer un critère relatif
    au CMB qui permettrait de distinguer
    leur thèse de celle de l’inflation.
    Il espère qu’un tel critère pourra être
    observé quand le satellite Planck de
    l’Agence spatiale européenne commencera
    à prendre des mesures plus
    détaillées, en 2008.
    Zeeya Merali
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