La mer c’est bien toi
Jamal Morsi
Il est de ton devoir
Mais rien ne m’astreint
- Alors que nous empruntons le nouvel océan
Ô déesse marine
Et du jasmin brodé de tristesse –
Qu’on réfléchisse mûrement.
Ainsi va l’âge qui telle l’eau glisse
D’entre les doigts de notre ravissement
Dansant tel le mirage sur le rythme d’un vent
S’accouplant avec le palmier de nos jours restants.
Dis-moi, la menthe d’une appétence
Peut-elle pousser sur les deux rocs de mon espérance ?
Ou bien est-ce la mort et le vent
Qui déracinent ma patience ?
Sur le seuil de ton palais
Seul je m’anéantis
Et la main de la mer me recouvre de flots
Et vers la fin me portent ses houles immenses
La mer c’est bien tes yeux…
Sois douce
Si sur les cils de tes ressacs
Tu portes l’histoire de ma veille
Vers le précipice.
La mer c’est bien mon secret et ma purge
Et toi son île lointaine.
Comment alors les vaisseaux de mes rêves fragiles
Vont-ils de moi vers toi larguer les amarres ?
Et comment lutteront-ils contre la frivolité des lances
Et la folie des vents
Et ces blessures qui firent pousser sur les côtes du meurtri
Les roses rouges de ses tristesses
La mer c’est bien toi.
Laisse-moi,
Juste pour le temps me restant à vivre
Ancrer ma voile
Sur la rive de la lumière
Sur tes lèvres
Me nourrissant tel un oiseau d’herbes des espoirs
Me guérissant les blessures
Par ta voix me susurrant : Mon amour
Alors que ton battement
Est une véritable provision pour l’étranger
Durant le voyage de la vie
Me permettant de garder vivantes encore
Mes moments évanescents
Ne déserte pas ton jardin
Ô marguerite rutilante
La mer c’est bien toi
Avec qui je devise chaque nuit.
A propos de l’enfant en moi revu par les mémoires
A propos de l’enfant tenant son ombre.
Faisant dans les champs la course aux papillons
Qu’il devance pour s’assurer un morceau de gâteau
Présenté par ta paume tendre
La mer c’est bien toi
A qui je parle des menus détails
De l’irascibilité de l’enfant gitan
Malmené par les ports
Alors qu’il voguait à pieds à travers le lointain pays
Cherchant du pain
Gardé par la pieuvre des havres
Cherchant le tissu
Le vêtant contre la chaleur des rues,
Contre le froid des exils
Cherchant le fil pour coudre ses anciennes frusques
La mer c’est bien toi
A qui je parle de mon pays
Endurci par les plaies des couteaux
Subissant l’orgie des voleurs des banques
Et l’injustice des rois
Et devant qui
Se trouvant impuissant
De tristesse
Le Nil jeta dans la mer
Ses voiles de silence
Que même l’aube
Ne put lui essuyer les larmes coulantes
La mer c’est bien toi
A qui je ne cesse de faire des avances
Tout le restant de ma vie
La marée haute l’emporte alors vers moi
Alors que de moi l’éloigne la marée basse
Le goéland du cœur me fera des reproches
Si jamais je te laissais
Et si tu me laissais
Il sera alors grondé par l’aigle de ta résistance
Ô mon austère fillette
La mer c’est bien toi
Et si jamais ta mer se desséchait,
Tous les océans après toi,
Tous les espaces après toi
Ne pourraient me contenir.
Soyez donc….
Et soyez….
Et soyez….
Traduction : Mohammed El Arjouni
Jamal Morsi
Il est de ton devoir
Mais rien ne m’astreint
- Alors que nous empruntons le nouvel océan
Ô déesse marine
Et du jasmin brodé de tristesse –
Qu’on réfléchisse mûrement.
Ainsi va l’âge qui telle l’eau glisse
D’entre les doigts de notre ravissement
Dansant tel le mirage sur le rythme d’un vent
S’accouplant avec le palmier de nos jours restants.
Dis-moi, la menthe d’une appétence
Peut-elle pousser sur les deux rocs de mon espérance ?
Ou bien est-ce la mort et le vent
Qui déracinent ma patience ?
Sur le seuil de ton palais
Seul je m’anéantis
Et la main de la mer me recouvre de flots
Et vers la fin me portent ses houles immenses
La mer c’est bien tes yeux…
Sois douce
Si sur les cils de tes ressacs
Tu portes l’histoire de ma veille
Vers le précipice.
La mer c’est bien mon secret et ma purge
Et toi son île lointaine.
Comment alors les vaisseaux de mes rêves fragiles
Vont-ils de moi vers toi larguer les amarres ?
Et comment lutteront-ils contre la frivolité des lances
Et la folie des vents
Et ces blessures qui firent pousser sur les côtes du meurtri
Les roses rouges de ses tristesses
La mer c’est bien toi.
Laisse-moi,
Juste pour le temps me restant à vivre
Ancrer ma voile
Sur la rive de la lumière
Sur tes lèvres
Me nourrissant tel un oiseau d’herbes des espoirs
Me guérissant les blessures
Par ta voix me susurrant : Mon amour
Alors que ton battement
Est une véritable provision pour l’étranger
Durant le voyage de la vie
Me permettant de garder vivantes encore
Mes moments évanescents
Ne déserte pas ton jardin
Ô marguerite rutilante
La mer c’est bien toi
Avec qui je devise chaque nuit.
A propos de l’enfant en moi revu par les mémoires
A propos de l’enfant tenant son ombre.
Faisant dans les champs la course aux papillons
Qu’il devance pour s’assurer un morceau de gâteau
Présenté par ta paume tendre
La mer c’est bien toi
A qui je parle des menus détails
De l’irascibilité de l’enfant gitan
Malmené par les ports
Alors qu’il voguait à pieds à travers le lointain pays
Cherchant du pain
Gardé par la pieuvre des havres
Cherchant le tissu
Le vêtant contre la chaleur des rues,
Contre le froid des exils
Cherchant le fil pour coudre ses anciennes frusques
La mer c’est bien toi
A qui je parle de mon pays
Endurci par les plaies des couteaux
Subissant l’orgie des voleurs des banques
Et l’injustice des rois
Et devant qui
Se trouvant impuissant
De tristesse
Le Nil jeta dans la mer
Ses voiles de silence
Que même l’aube
Ne put lui essuyer les larmes coulantes
La mer c’est bien toi
A qui je ne cesse de faire des avances
Tout le restant de ma vie
La marée haute l’emporte alors vers moi
Alors que de moi l’éloigne la marée basse
Le goéland du cœur me fera des reproches
Si jamais je te laissais
Et si tu me laissais
Il sera alors grondé par l’aigle de ta résistance
Ô mon austère fillette
La mer c’est bien toi
Et si jamais ta mer se desséchait,
Tous les océans après toi,
Tous les espaces après toi
Ne pourraient me contenir.
Soyez donc….
Et soyez….
Et soyez….
Traduction : Mohammed El Arjouni
هوَ البحرُأنتِ
شعر : د. جمالمرسي
شعر : د. جمالمرسي
لِزَامٌعَلَيكِ
لِزَامٌ لاعَلَيَّ
ـ و نَحنُ نَخُوضُالخِضَمَّ الجَدِيدَ
أَيَا رَبَّةَالبَحرِ
واليَاسَمِينِ المُطرَّزِبِالحُزنِ ـ
أَن نَتَرَوَّى .
لِزَامٌ لاعَلَيَّ
ـ و نَحنُ نَخُوضُالخِضَمَّ الجَدِيدَ
أَيَا رَبَّةَالبَحرِ
واليَاسَمِينِ المُطرَّزِبِالحُزنِ ـ
أَن نَتَرَوَّى .
هُوَ العُمرُكَالمَاءِمُنفَلِتاً
مِن أَصَابعِنَشوَتِنَا
رَاقِصاًكَالسَّرَابِ عَلَى وَقعِرِيحٍ
تُضَاجِعُ نَخلةَأَيَّامِنَا البَاقِيَهْ .
أَيَنبُتُ نَعنَاعُشَوقٍ
عَلَى صَخْرَتيِّانتِظَارِي ؟
أَمِ المَوتُوالرِّيحُ يَقتَلِعَانِ جُذُورَاصطِبَارِي ؟
مِن أَصَابعِنَشوَتِنَا
رَاقِصاًكَالسَّرَابِ عَلَى وَقعِرِيحٍ
تُضَاجِعُ نَخلةَأَيَّامِنَا البَاقِيَهْ .
أَيَنبُتُ نَعنَاعُشَوقٍ
عَلَى صَخْرَتيِّانتِظَارِي ؟
أَمِ المَوتُوالرِّيحُ يَقتَلِعَانِ جُذُورَاصطِبَارِي ؟
عَلَى بَابِقَصرِكِ
أَفنَى وَحِيداً
تُدَثِّرُنِيبِالمِياهِ يَدُ البَحرِ
تَحمِلُنِيللنِّهايَةِ أَموَاجُهُ العاتيه.
هُوَ البَحرُعَينَاكِ ..
فَلتَرفُقِي
إِن حَمَلتِ عَلَىهُدبِ مَوجِكِ
قِصَّةَ أَمسِيَ
لِلهَاوِيَهْ .
هُوَ البَحرُسِرِّي و طُهرِي
وأَنتِ جَزِيرَتُهُالنَّائِيَه .
فَكَيفَ سَتُقلِعُمِنِّي إِلَيكِ مَرَاكِبُأَحلامِيَ الواهية ؟
أَفنَى وَحِيداً
تُدَثِّرُنِيبِالمِياهِ يَدُ البَحرِ
تَحمِلُنِيللنِّهايَةِ أَموَاجُهُ العاتيه.
هُوَ البَحرُعَينَاكِ ..
فَلتَرفُقِي
إِن حَمَلتِ عَلَىهُدبِ مَوجِكِ
قِصَّةَ أَمسِيَ
لِلهَاوِيَهْ .
هُوَ البَحرُسِرِّي و طُهرِي
وأَنتِ جَزِيرَتُهُالنَّائِيَه .
فَكَيفَ سَتُقلِعُمِنِّي إِلَيكِ مَرَاكِبُأَحلامِيَ الواهية ؟
و كَيفَ تُقَاوِمُطَيشَ الرِّمَاحِ ،
جُنُونَالرِّيَاحِ
و تِلكَ الجِرَاحِالَّتِي أَنبَتَت فِي ضُلُوعِالكَلِيمِ
جُنُونَالرِّيَاحِ
و تِلكَ الجِرَاحِالَّتِي أَنبَتَت فِي ضُلُوعِالكَلِيمِ
أَزَاهِيرَأَحزَانِهِ القَانِيَهْ .
هُو البَحرُ أَنتِ .
دَعِينِي ،
و مَا قَد تَبَقَّىمِنَ العُمرِ أُرسِي الشِّراعَ
هُو البَحرُ أَنتِ .
دَعِينِي ،
و مَا قَد تَبَقَّىمِنَ العُمرِ أُرسِي الشِّراعَ
عَلَىشَاطِئِ النُّورِ
فِي شَفَتَيكِ
فَأَقتَاتُكَالطَّيرِ عُشبَالأَمَانِي
أُدَاوِي جِرَاحِيبِصَوتِكِ حِينَ يَقُولُ : حَبِيبِي
فِي شَفَتَيكِ
فَأَقتَاتُكَالطَّيرِ عُشبَالأَمَانِي
أُدَاوِي جِرَاحِيبِصَوتِكِ حِينَ يَقُولُ : حَبِيبِي
و نَبضُكِفِي رِحلَةِ العُمرِ زَادُالغَرِيبِ
أَشُدُّ بِهِ ظَهرَلَحْظَاتِيَالفَانِيَهْ .
فَلا تَهجُرِيالرَّوضَ
يا أُقحُوانَتَهُالزَّاهِيَهْ .
هُوَ البَحرُ أَنتِ
أُحَدِّثُهُ كُلَّلَيْلَهْ .
عَنِ الطِّفلِفِيَّتُعَاوِدُهُ الذِّكرَيَاتُ
عَنِ الطِّفلِيُمسِكُ ظِلَّهْ .
يُسَابِقُهُ فِيالحُقُولِ الفَرَاشُ
فَيَسبِقُهُ كَييَفُوزَ بِقِطعَةِ حَلوَى
تُقَدِّمُهَاكَفُّكِ الحانية.
هُوَ البَحرُ أَنتِ
أُحَدِّثُهُ عَنأَدَقِّالتَّفَاصِيلِ
عَن نَزَقِالوَلَدِ الغَجَرِيِّ الذي ضَعضَعَتهُالمَوَانِئُ
و هْوَ يُنَقِّلُأَقدَامَهُ فِي البِلادِ البَعِيدَةِ
بَحثاً عَنِ الخُبزِ
يَحرُسُهُأُخطُبوطُ المَرَافِي
عَنَ الثَّوبِ
يَستُرُهُ مِنهَجِيرِ الشَّوَارِعِ ،بَردِ المَنَافِي
يا أُقحُوانَتَهُالزَّاهِيَهْ .
هُوَ البَحرُ أَنتِ
أُحَدِّثُهُ كُلَّلَيْلَهْ .
عَنِ الطِّفلِفِيَّتُعَاوِدُهُ الذِّكرَيَاتُ
عَنِ الطِّفلِيُمسِكُ ظِلَّهْ .
يُسَابِقُهُ فِيالحُقُولِ الفَرَاشُ
فَيَسبِقُهُ كَييَفُوزَ بِقِطعَةِ حَلوَى
تُقَدِّمُهَاكَفُّكِ الحانية.
هُوَ البَحرُ أَنتِ
أُحَدِّثُهُ عَنأَدَقِّالتَّفَاصِيلِ
عَن نَزَقِالوَلَدِ الغَجَرِيِّ الذي ضَعضَعَتهُالمَوَانِئُ
و هْوَ يُنَقِّلُأَقدَامَهُ فِي البِلادِ البَعِيدَةِ
بَحثاً عَنِ الخُبزِ
يَحرُسُهُأُخطُبوطُ المَرَافِي
عَنَ الثَّوبِ
يَستُرُهُ مِنهَجِيرِ الشَّوَارِعِ ،بَردِ المَنَافِي
عَنِ الخَيطِيَرتِقُ أسمَالَهُالبَالِيَهْ .
هُوَ البَحرُ أَنتِ
أُحَدِّثُهُ عَنبِلادِي التي أَثخَنَتهَاالجِرَاحَاتُ طَعنَا
هُوَ البَحرُ أَنتِ
أُحَدِّثُهُ عَنبِلادِي التي أَثخَنَتهَاالجِرَاحَاتُ طَعنَا
و عَربَدَ فِيهَالُصُوصُ البُنُوكِ
و ظُلمُالمُلُوكِ
و ضَاقَ بِهَاالنِّيلُ ذَرعاً فَأَلقَى بِأَشرِعَةِ الصَّمتِ
و ظُلمُالمُلُوكِ
و ضَاقَ بِهَاالنِّيلُ ذَرعاً فَأَلقَى بِأَشرِعَةِ الصَّمتِ
فِيالبَحرِ حُزنَا
فَمَا كَفكَفَالفَجرُ أَدمُعَهُ الجَارِيَهْ.
هُوَ البَحرُأَنتِ
أُرَاوِدُهُ .. مَاتَبَقَّى مِن العُمرِ .. عَن نَفسِهِ .
فَمَا كَفكَفَالفَجرُ أَدمُعَهُ الجَارِيَهْ.
هُوَ البَحرُأَنتِ
أُرَاوِدُهُ .. مَاتَبَقَّى مِن العُمرِ .. عَن نَفسِهِ .
فَيحمِلُهُالمَدُّ نَحوِي
و يُبعِدُهُالجَزرُ عَنِّي
يُعَاتِبُنِينَورَسُ القَلبِ إِنغِبتُ عَنكِ
و يُبعِدُهُالجَزرُ عَنِّي
يُعَاتِبُنِينَورَسُ القَلبِ إِنغِبتُ عَنكِ
و إِن غِبتِ عَنِّي
فَيَزجُرُهُ نِسرُصَدِّكِ يَا طِفلَتِيالقَاسيَِهْ
فَيَزجُرُهُ نِسرُصَدِّكِ يَا طِفلَتِيالقَاسيَِهْ
هُوَ البَحرُ أَنتِ .
فَإِن جَفَّبَحرُكِ ،
كُلُّالمُحِيطَاتِ بَعدَكِ،
كُلُّ الفَضَاءَاتِبَعدَكِ ،
لا تَحتَوِينِي .
فَكُونِي .....
و كُونِي .....
و كوني ....
فَإِن جَفَّبَحرُكِ ،
كُلُّالمُحِيطَاتِ بَعدَكِ،
كُلُّ الفَضَاءَاتِبَعدَكِ ،
لا تَحتَوِينِي .
فَكُونِي .....
و كُونِي .....
و كوني ....