L’histoire du commerçant et du coiffeur
Il était une fois un commerçant qui visitait régulièrement, tout au long de trois mois, un coiffeur et passait du temps avec lui. Un jour il lui dit : « Ton métier peut rendre un mendiant riche. » Le coiffeur répondit : « Pourquoi ? » « Parce que tu dois rester debout pendant une heure et gagner trois quarts de Piastre ! Cette occupation et celle du mendiant sont pareils » Le coiffeur dit : « Mon métier de coiffeur est une source d’or ; il n’y a aucun métier dans le monde qui lui ressemble. » « Vendre et acheter, ceci est la richesse. » répondit le commerçant et le coiffeur se tut.
Après trois mois le coiffeur voyagea en Alexandrie. Il loua un magasin et y commença à pratiquer son métier. Aussitôt il devint bien connu chez les habitants d’Alexandrie et la moitié d’eux le visitèrent pour se raser.
Un jour le commerçant décida lui aussi d’aller en voyage. Il vendit tout ce qu’il avait à la maison, emballa sa marchandise et partit. Lorsqu’il arriva à la haute mer, son bateau se noya. Cependant il réussit à avoir attrapé une planche et monta dessus. Le vent l’emporta et le rejeta à la côte. Il y arriva tout nu, le longea et commença à marcher. Des bédouins vinrent à sa rencontre et lui dirent : « Comment cela se fait que tu es dans cet état ? » « Je suis victime d’un naufrage » répondit-il. Les bédouins lui donnèrent des vêtements et il les porta. Ils lui donnèrent aussi quoi à manger. Puis, il continuait son chemin d’un village à l’autre jusqu’à ce qu’il arriva en Alexandrie.
Il entra dans la ville et y fit des tournées. Il arriva enfin au bazar où se trouvait un coiffeur. Il observa le coiffeur et se dit : « Mais, ceci n’est pas mon ami qui était, la dernière fois que je l’ai vu, coiffeur à Tunis ? » Puis il pensait à part soi et dit : « Non, ça ne devrait pas être lui ; qu’est-ce qui le ramène ici ? » Il s’approcha toutefois de la porte du magasin et dit au propriétaire : « Tu n’es pas le coiffeur que j’ai vu la dernière fois à Tunis ? » « Oui, je le suis ! Sois le bienvenu ! » Répondit l’interrogé. Il le salua solennellement et l’accueillit avec enchantement. Il le reçut ensuite à l’intérieur de son magasin et le fit asseoir à ses côtés. Il l’interrogea : « Comment arrives-tu ici ? » Le commerçant répondit : « j’avais le plan d’effectuer un voyage de négoce, mais j’étais récemment victime d’un naufrage, moi et ma marchandise. Je m’en suis tiré mais la marchandise s’est noyée. » Le coiffeur répondit : « Dieu soit loué, que tu as pu t’en tirer et que tu as survécu ! Tu peux gagner maintenant de nouveau de l’argent. Reste chez moi ! Je vais suivre mon affaire et ce que Dieu nous donnera nous le consommons ensemble. » Le commerçant répondit : « Que Dieu te récompense de ta bienfaisance. »
Ils restaient ensemble durant trois mois. Le coiffeur donna le commerçant une belle costume et trente francs et lui dit : « Tu peux toujours rester chez moi, mais si tu te sens ennuyé tu peux sortir et t’amuser. » Le coiffeur sortit et se rendit au bazar des grands commerçants. Ceux-ci l’accueillit chaleureusement, déroulèrent des tapis au sein du bazar et mirent des chaises. Ensuite on prit place et on buvait du café. Aussitôt un capitaine, qui commandait un bateau à vapeur, vint à eux avec plein de marchandises. Les commerçant lui dirent (à l’ami du coiffeur) : « Achète le bateau ! » le coiffeur le prit alors avec une promesse de paiement ; pour la valeur de dix il paya dix et demi. On identifia une échéance de sept jours pour payer le propriétaire du bateau.
Le lendemain d’autres commerçants vinrent au capitaine du bateau et lui dirent : « Tu nous vends ton chargement ? » Le propriétaire répondit : « Je l’ai déjà vendu. » « À qui alors ? » interrogèrent les commerçants. Il répondit : « Au commerçant venu de Tunis qui fréquente ce souk. » Les acheteurs se rendirent donc au dit commerçant et le trouvèrent chez son ami. « Es-tu celui qui as acheté le chargement du bateau qui vient d’arriver ? » « Oui, c’est moi ! » « Veux-tu nous le vendre ? » « Oui, je veux vous le vendre. » « À combien tu l’as acheté ? Et le bénéfice que tu veux avoir est tout à fait licite pour toi. » « Pour une valeur de dix j’ai acheté à dix et demi. » Les commerçants lui donc proposèrent onze, mais il n’accepta pas. Ce n’était qu’à l’offre de payer quatorze pour dix qu’il leur vendit le chargement. Alors il leur dit : « Vous comptez mon bénéfice mais vous donnez le capital au propriétaire du bateau. » On régla le compte avec lui et le bénéfice déduit était de 300 000 Francs.
Il prit un porteur sur lequel il chargea son argent. Puis il se rendit avec le porteur au magasin du coiffeur et y entra. Le porteur ôta l’argent de son dos. Le coiffeur demanda alors : « D’où vient cet argent ? » et le commerçant répondit : « J’ai gagné ceci aujourd’hui ! Je t’ai déjà dit : s’enrichir est par exercer le commerce et non pas par coiffer ! » Le coiffeur ne dit un mot. Le commerçant lui offrit 50 000 Francs et lui dit : « Je t’offre cela parce que tu m’as accordé tant de bien. Toutefois tu dois maintenant effectuer un commerce avec cet argent. Tu dois vraiment avoir assez de ton activité de coiffeur ; tes jambes sont complètement épuisées et malades. » Alors le coiffeur prit l’argent et acheta un magasin plein de marchandise. Ainsi les deux devinrent commerçants ; on les nommait les commerçants tunisiens.
Il était une fois un commerçant qui visitait régulièrement, tout au long de trois mois, un coiffeur et passait du temps avec lui. Un jour il lui dit : « Ton métier peut rendre un mendiant riche. » Le coiffeur répondit : « Pourquoi ? » « Parce que tu dois rester debout pendant une heure et gagner trois quarts de Piastre ! Cette occupation et celle du mendiant sont pareils » Le coiffeur dit : « Mon métier de coiffeur est une source d’or ; il n’y a aucun métier dans le monde qui lui ressemble. » « Vendre et acheter, ceci est la richesse. » répondit le commerçant et le coiffeur se tut.
Après trois mois le coiffeur voyagea en Alexandrie. Il loua un magasin et y commença à pratiquer son métier. Aussitôt il devint bien connu chez les habitants d’Alexandrie et la moitié d’eux le visitèrent pour se raser.
Un jour le commerçant décida lui aussi d’aller en voyage. Il vendit tout ce qu’il avait à la maison, emballa sa marchandise et partit. Lorsqu’il arriva à la haute mer, son bateau se noya. Cependant il réussit à avoir attrapé une planche et monta dessus. Le vent l’emporta et le rejeta à la côte. Il y arriva tout nu, le longea et commença à marcher. Des bédouins vinrent à sa rencontre et lui dirent : « Comment cela se fait que tu es dans cet état ? » « Je suis victime d’un naufrage » répondit-il. Les bédouins lui donnèrent des vêtements et il les porta. Ils lui donnèrent aussi quoi à manger. Puis, il continuait son chemin d’un village à l’autre jusqu’à ce qu’il arriva en Alexandrie.
Il entra dans la ville et y fit des tournées. Il arriva enfin au bazar où se trouvait un coiffeur. Il observa le coiffeur et se dit : « Mais, ceci n’est pas mon ami qui était, la dernière fois que je l’ai vu, coiffeur à Tunis ? » Puis il pensait à part soi et dit : « Non, ça ne devrait pas être lui ; qu’est-ce qui le ramène ici ? » Il s’approcha toutefois de la porte du magasin et dit au propriétaire : « Tu n’es pas le coiffeur que j’ai vu la dernière fois à Tunis ? » « Oui, je le suis ! Sois le bienvenu ! » Répondit l’interrogé. Il le salua solennellement et l’accueillit avec enchantement. Il le reçut ensuite à l’intérieur de son magasin et le fit asseoir à ses côtés. Il l’interrogea : « Comment arrives-tu ici ? » Le commerçant répondit : « j’avais le plan d’effectuer un voyage de négoce, mais j’étais récemment victime d’un naufrage, moi et ma marchandise. Je m’en suis tiré mais la marchandise s’est noyée. » Le coiffeur répondit : « Dieu soit loué, que tu as pu t’en tirer et que tu as survécu ! Tu peux gagner maintenant de nouveau de l’argent. Reste chez moi ! Je vais suivre mon affaire et ce que Dieu nous donnera nous le consommons ensemble. » Le commerçant répondit : « Que Dieu te récompense de ta bienfaisance. »
Ils restaient ensemble durant trois mois. Le coiffeur donna le commerçant une belle costume et trente francs et lui dit : « Tu peux toujours rester chez moi, mais si tu te sens ennuyé tu peux sortir et t’amuser. » Le coiffeur sortit et se rendit au bazar des grands commerçants. Ceux-ci l’accueillit chaleureusement, déroulèrent des tapis au sein du bazar et mirent des chaises. Ensuite on prit place et on buvait du café. Aussitôt un capitaine, qui commandait un bateau à vapeur, vint à eux avec plein de marchandises. Les commerçant lui dirent (à l’ami du coiffeur) : « Achète le bateau ! » le coiffeur le prit alors avec une promesse de paiement ; pour la valeur de dix il paya dix et demi. On identifia une échéance de sept jours pour payer le propriétaire du bateau.
Le lendemain d’autres commerçants vinrent au capitaine du bateau et lui dirent : « Tu nous vends ton chargement ? » Le propriétaire répondit : « Je l’ai déjà vendu. » « À qui alors ? » interrogèrent les commerçants. Il répondit : « Au commerçant venu de Tunis qui fréquente ce souk. » Les acheteurs se rendirent donc au dit commerçant et le trouvèrent chez son ami. « Es-tu celui qui as acheté le chargement du bateau qui vient d’arriver ? » « Oui, c’est moi ! » « Veux-tu nous le vendre ? » « Oui, je veux vous le vendre. » « À combien tu l’as acheté ? Et le bénéfice que tu veux avoir est tout à fait licite pour toi. » « Pour une valeur de dix j’ai acheté à dix et demi. » Les commerçants lui donc proposèrent onze, mais il n’accepta pas. Ce n’était qu’à l’offre de payer quatorze pour dix qu’il leur vendit le chargement. Alors il leur dit : « Vous comptez mon bénéfice mais vous donnez le capital au propriétaire du bateau. » On régla le compte avec lui et le bénéfice déduit était de 300 000 Francs.
Il prit un porteur sur lequel il chargea son argent. Puis il se rendit avec le porteur au magasin du coiffeur et y entra. Le porteur ôta l’argent de son dos. Le coiffeur demanda alors : « D’où vient cet argent ? » et le commerçant répondit : « J’ai gagné ceci aujourd’hui ! Je t’ai déjà dit : s’enrichir est par exercer le commerce et non pas par coiffer ! » Le coiffeur ne dit un mot. Le commerçant lui offrit 50 000 Francs et lui dit : « Je t’offre cela parce que tu m’as accordé tant de bien. Toutefois tu dois maintenant effectuer un commerce avec cet argent. Tu dois vraiment avoir assez de ton activité de coiffeur ; tes jambes sont complètement épuisées et malades. » Alors le coiffeur prit l’argent et acheta un magasin plein de marchandise. Ainsi les deux devinrent commerçants ; on les nommait les commerçants tunisiens.
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