Berger de rochers”: de la conception à l’infini.

تقليص
X
 
  • تصفية - فلترة
  • الوقت
  • عرض
إلغاء تحديد الكل
مشاركات جديدة
  • جمال محمود هنداوي
    أديب وكاتب
    • 21-10-2010
    • 400

    Berger de rochers”: de la conception à l’infini.

    Djamal Mahmoud féconde les mots comme il féconde la femme. Ravi
    par l’amour, ébloui par la naissance - ce processus grâce auquel il
    réalise pleinement sa mission d’Homme - le poète accomplit sa
    mission de créateur, accédant ainsi au rôle de démiurge. Et c’est à
    la femme qui accouche, qui donne vie, qui met au monde, la Femme
    – épouse et mère - initiatrice de la vie qu’il rend hommage.
    „je suis entrée en travail maintenant
    je serre les dents et je me tais
    (Frénésie)
    „mais ton coeur est la cloche
    qui bat éternellement m’annonçant
    chaque résurrection”… (Lala)
    Sa mère est le personnage central de nombreux poèmes, entrant en
    symbiose avec la nature, une nature fertile et authentique, qui est
    souvent source de nostagie, tel un paradis perdu.
    „et lorsque je commence à m’assoupir
    il tire l’ombre de maman bien cachée dans ses racines
    il me la tend et appelle tous les oiseaux
    pour qu’ils chantent jusqu’à ce que je m’endorme dans ses bras…”
    (L’ombre)
    Plus que le résultat d’un désir, l’enlacement des corps n’étant pas
    absent de ces poèmes, la naissance conduit à cet accouchement de
    soi-même, qui se transforme peu à peu en une initiation, ponctuée
    par la mort à chaque étape de cette croissance nécessaire au
    processus de vie.
    „dans mon arche gémit une femme en travail
    ce n’est pas son premier accouchement et ce ne sera pas son
    dernier
    (...)
    je suis impatient
    j’ai hâte qu’elle accouche de moi-même” (L’épitaphe)
    „Elle
    gémit
    gémit en moi tout en me faisant naître” (La naissance)
    4
    Ces étapes de la vie sont autant de rites d’initiation visant à devenir
    Homme au plein sens du terme, à réaliser l’oeuvre de Dieu et par làmême
    à se rapprocher de l’infini. La mort n’est pas exclue, mais
    incluse dans le processus vital, tout comme l’ombre n’est pas en
    opposition mais en complémentarité de la lumière, mettant en
    relief le paysage et procurant par là-même plus de hauteur et de
    profondeur aux textes poétiques.
    „ton corps ondule en moi
    délicat et innocent
    il danse la valse de ma mort
    et de la résurrection des eaux mortes” (Tête)
    Le poète se promène dans un paysage séculaire chargé d’histoire,
    décryptant les formes et les contours de sa géographie particulière.
    „tenant en main le barrage érodé
    par les rats et par les gens
    nous nous heurtons à l’eau restante” (Mareb)
    (Evocation de la digue de Marib au Yémen, symbole de l’Arabie
    heureuse, ancienne capitale du royaume de Saba).
    „dans mes bras
    se lève un chevalier arabe
    il te récite la peau écrite
    en lettres d’or sur le mur de la Mecque” (Duel)
    Il s’agit là d’un espace ouvert, où la terre attend l’eau, cet élément
    vital qui la féconde, cette eau de la crue qui la nourrit. L’eau,
    élément essentiel de la vie, symbole de fécondation, tout comme à
    la naissance la femme perd les eaux.
    „elle me regarde voilée
    on ne voit que ses yeux
    comme ceux d’un faucon enchaîné
    d’eux s’échappe le désert
    en quête de la pluie” (Pont)
    Tout au long de ce parcours, entre silence (du désert) et attente (de
    l’eau), le poète fait un retour aux origines, se dénudant
    complètement, cherchant l’enfant intérieur, éternel visionnaire de
    la pureté originelle où le corps n’est que le réceptacle, périssable,
    de l’âme éternelle:
    „entre mon âme et l’air
    il y a un corps
    et une camisole de force” (La toile humide)
    Le poète se transforme ainsi en un „berger de rochers”.
    „comme la majorité des prophètes
    je m’imagine en rêve
    chaque nuit
    …/…
    5
    …/…
    avec des troupeaux de rochers derrière moi
    broutant des vagues” (berger de rochers)
    Pourtant l’espace infini est offert à chacun de nous, qui naît dans la
    liberté de s’écouler sans opposer aucun barrage au cours naturel du
    fleuve et sans craindre l’ennui et la vanité du monde.
    Pour traduire cet infini, cette liberté intérieure, le poète a recours
    à la poésie, tout comme le grand poète roumain Nichita Stanescu,
    qui était en quête du mot créateur de mondes, le mot „lumière”:
    „Fiat lux !”
    „Dieu me manque
    je veux le voir juste maintenant
    cueillir la lumière de tes battements
    d’ailes…” (Timbre)
    Pour Djamal Mahmoud, la poésie est cet art qui repose en lui,
    attendant d’être fécondé, et c’est lors de cette mise au monde
    révélant l’écriture, que le poème l’accouche en tant que poète. A la
    gestation de l’un, se superpose la révélation de l’autre. Le cercle
    est parfaitement clos. L’Homme se réalise alors au plein sens du
    terme, il réalise l’oeuvre de Dieu en se rapprochant de cet infini.
    Telle est la mission du poète: dépasser ses ombres particulières,
    accomplir la mission humaine et au moyen de la poésie, langage
    universel, atteindre Dieu.
    „séparé de mon ombre
    je quitte les rochers blottis
    je sors des murs abrupts” (Le premier cercle)
    (Nicole Pottier)
    sigpic[motr]
    سقوط نجم-
    ضجيج الحجارة فقط
    يسمع في الهاوية.
    Falling star-
    only the noise of stones
    .in the deep valley
    World Haiku, No.5-2009
    هايكو-جمال محمود هنداوي[/motr]

    http://djamalmahmoud.wordpress.com/
  • منيره الفهري
    مدير عام. رئيس ملتقى الترجمة
    • 21-12-2010
    • 9870

    #2
    جميل ما كتبت و ترجمت الاستاذة نيكول بوتيي
    و قد استمتعنا فعلا بجميل الحرف الفرنسي
    و مازلت أصر على نشر النصوص الاصلية
    التي نتصور مدى جماليتها من خلال الترجمة الراقية
    أهلا و سهلا بك
    تقديري و كل الاحترام سيدي


    تعليق

    • جمال محمود هنداوي
      أديب وكاتب
      • 21-10-2010
      • 400

      #3
      تحياتي سيدتي، النصوص الأصلية كتبتها باللغة الرومانية مباشرة ولم أكتبها بالعربية, والسيدة نيكول بوتيير قامت بترجمتها من الرومانية للفرنسية...
      تقديري وتمنياتي بالتألق الدائم
      sigpic[motr]
      سقوط نجم-
      ضجيج الحجارة فقط
      يسمع في الهاوية.
      Falling star-
      only the noise of stones
      .in the deep valley
      World Haiku, No.5-2009
      هايكو-جمال محمود هنداوي[/motr]

      http://djamalmahmoud.wordpress.com/

      تعليق

      • المختار محمد الدرعي
        مستشار أدبي. نائب رئيس ملتقى الترجمة
        • 15-04-2011
        • 4257

        #4
        كم هو رائع و جميل أن تطلعنا على هذا الجديد من الأدب العالمي الراقي و النادر
        أستاذنا جمال محمود
        نحن بحاجة أكيدة لهذه الكنوز التي تغذي الفكر و تنعش الروح
        و في إنتظار جديدكم القادم لكم
        خالص و التحية و التقدير
        [youtube]8TY1bD6WxLg[/youtube]
        الابتسامة كلمة طيبة بغير حروف



        تعليق

        يعمل...
        X