Qualité de Traduction
Etapes du processus de traduction
Nous pouvons distinguer 11 étapes dans le processus de traduction, à savoir:
1. Acquisition de la traduction
Lorsque l’offre du traducteur répond à la demande du donneur d’ouvrage, l’un et l’autre peuvent se mettre d’accord sur la prestation à effectuer et les conditions dans lesquelles cette prestation s’effectuera
Après accord, le donneur d’ouvrage transmet au traducteur le matériau à traduire (texte, document, code, message, bande, etc.).
2. Vérification et/ou mise en place du matériau à traduire
À moins que le donneur d’ouvrage ne le certifie « de qualité zéro défaut », tout matériau à traduire (texte, document, code, message, bande, etc.) doit faire l’objet d’une vérification. Dans certains cas, le traducteur devra également, pour permettre la traduction, effectuer des manipulations particulières [extraire le code, démonter le logiciel, mettre l’aide en ligne à plat, saisir, numériser, implanter le fichier dans un système de traduction assistée, etc.]
3. Analyse du matériau à traduire et choix d’options de traduction
Il ne peut y avoir « bonne » traduction sans une analyse sérieuse du matériau à traduire. Cette analyse du matériau à traduire fait ressortir les interrogations du traducteur, fixe les points appelant une recherche d’information, et permet de prévoir les éléments à négocier ou à déterminer avec le donneur d’ouvrage. En effet, la traduction est surtout une activité à options (parce qu'il existe toujours plusieurs façons de bien traduire) et le traducteur doit discuter et faire valider ses choix.
4. Recherche d’information, compréhension, élucidation du matériau à traduire
Le traducteur ne peut opérer de manière efficace s’il ne maîtrise pas parfaitement les contenus de ce qu’il doit traduire. Entendons par là qu’il doit maîtriser le contenu littéral, mais aussi tous les présupposés (notamment en termes d’objectifs de l’auteur) et toutes les implications du message. Il lui faut donc, lorsque le matériau à traduire traite d’un objet ou d’un sujet non banal au sens où le traducteur « ne le connaît pas bien », trouver (auprès de l’auteur, auprès de son client, auprès d’un confrère ou d’un collègue, par une étude du produit, via l’Internet, en consultant des informateurs, en lisant de la documentation appropriée, en suivant un cours, ou par tout autre processus efficace et rapide) les moyens de tout comprendre parfaitement.
5. Préparation de la matière première (terminologie, phraséologie, modèles, matériau primaire)
Comme tout processus de fabrication d’un produit particulier, le processus de traduction met en œuvre des matières premières. Parmi ces matières premières, il y a la connaissance et les savoirs du traducteur (Cf. supra) mais aussi, parce que plus visibles, la terminologie, la phraséologie, et les modèles de structuration et de formulation des énoncés. Très souvent aussi, les matières premières sont des éléments qui ont déjà été utilisés, soit dans une version antérieure du même document (dans le cas de la documentation de produits), soit dans des documents produits pour le compte du même donneur d’ouvrage ou dans des traductions antérieures (que l’on nommera « traductions en amont »). Ces divers éléments de matière première doivent être mobilisables et donc, au moins pour partie, spécifiquement mobilisés via une recherche ciblée de terminologie, de phraséologie, et de modèles d’énoncés. La mise en place préalable de la terminologie et de la phraséologie est d’ailleurs une nécessité absolue si l’on utilise un système d’aide à la traduction - système d’exploitation de mémoires de traductions, dictionnaire automatique, automate de traduction. En effet, tous ces systèmes d’aide mettent en oeuvre des tables de concordances, qu’il faut donc constituer ou mettre à jour avant toute nouvelle traduction.
6. Transfert
Une fois que le traducteur a vérifié et préparé le matériau, défini les options de traduction, acquis les savoirs qui lui faisaient défaut pour comprendre parfaitement le matériau à traduire, et mobilisé les modèles, termes et expressions qu’il utilisera, le processus de transfert peut se déclencher avec toutes les garanties de qualité requises.
7. Relectures (ou réécoutes en cas de traduction orale) et révisions
Une fois le matériau « traduit », il reste à vérifier que tout ce qui devait être traduit l’a effectivement été et que le résultat est conforme :
• aux règles de l’usage linguistique (correct, lisible, clair, accessible, transparent),
• aux spécifications du donneur d’ouvrage ou aux options retenues,
• aux principes de convergence entre le matériau de départ et le matériau finalement produit (concordances de sens, de finalités, d’objectifs) sous réserve d’une convergence des destinations [destination-public et destination-utilisation].
En pratique, on distingue la relecture/réécoute de la révision en ce sens que le relecteur signale les anomalies mais n’intervient pas sur la traduction, alors que le réviseur corrige la traduction. Lorsque le traducteur traite un matériau « critique », de multiples relectures/réécoutes et/ou révisions sont à envisager.
Un cas très particulier de relecture ou révision concerne les traductions par lots [traductions d’un même document par sections partagées entre plusieurs traducteurs], pour lesquelles une harmonisation (du style, de la terminologie, de la phraséologie et de toute autre composante critique) est indispensable.
8. Corrections
Il est de tradition de distinguer les corrections de la relecture/réécoute et de la révision. On considère généralement que les corrections doivent être confiées au traducteur, ultime responsable de son produit. Il est cependant fréquent que le réviseur ou le donneur d’ouvrage « corrige » la traduction sans en informer le traducteur.
9. Validation/Qualification
La traduction (produit fini) fait généralement l’objet d’une validation, notamment lorsque :
• le document ou matériau traduit est un « outil » ou un « instrument » (comme dans le cas des modes opératoires et guides divers - que l’on peut aisément tester - ou encore des logiciels « naturalisés » [« localisés », selon le jargon des traducteurs] - dont il faut impérativement vérifier le bon fonctionnement). On parle alors de qualification de la traduction ;
• le donneur d’ouvrage sait que le matériau produit est critique parce qu’il engage son image de marque ou parce que le risque économique ou technique est considérable.
10. Mise en forme/Édition
Une fois la traduction effectuée, contrôlée, corrigée, et validée, il peut s’avérer nécessaire de procéder à la démarche inverse de celle de la première phase et donc de reconstruire un matériau ou document complet (par des insertions graphiques, des intégrations de captures d’écrans, des montages) et, de plus en plus souvent, de le mettre en forme sur son support de diffusion final.
Le travail de mise en forme et d’édition peut, bien entendu, être assuré par des spécialistes autres que le traducteur. Il en va notamment ainsi dans les entreprises de traduction, qui disposent généralement de spécialistes maison, ou chez les donneurs d’ouvrage disposant de services de production documentaire et d’impression/édition. Il est cependant de plus en plus fréquent que le traducteur libéral soit amené à inclure ces éléments particuliers dans sa prestation.
11. Livraison
La livraison marque la fin de la prestation du traducteur.
Au-delà, le traducteur effectue, à titre personnel et en prévision des prestations futures, un ensemble d'opérations d'archivage et de suivi.
CONCLUSION
Ce très rapide survol du processus de traduction fait apparaître une série complexe d'étapes appelant chacune des interventions spécifiques mais aussi, comme nous le verrons plus loin, la mise en œuvre d’outils extrêmement divers et souvent complexes. On devine aussi, par le biais de cet organigramme, la multiplicité, la diversité et la technicité des compétences, savoir-faire et aptitudes requis dans une organisation dont l'objectif est d'éliminer la non-qualité. La complexité de l'organigramme met en lumière la diversité des points ou lieux où peuvent intervenir des éléments de non-qualité. Or, la « démarche qualité » vise essentiellement à éliminer les occurrences et les causes de non-qualité puis à prévenir tout risque de non-qualité. C'est pour cette raison que nous nous attacherons à identifier les constituants et les opérateurs de l'activité de traduction en dégageant, pour chacun d'entre eux, les risques de non-qualité, les moyens de prévenir ces risques et les moyens de gagner systématiquement en qualité.
La démarche s’appuiera sur une analyse préalable de la nature et des enjeux de la qualité en traduction.
Source:
Etapes du processus de traduction
Nous pouvons distinguer 11 étapes dans le processus de traduction, à savoir:
1. Acquisition de la traduction
Lorsque l’offre du traducteur répond à la demande du donneur d’ouvrage, l’un et l’autre peuvent se mettre d’accord sur la prestation à effectuer et les conditions dans lesquelles cette prestation s’effectuera
Après accord, le donneur d’ouvrage transmet au traducteur le matériau à traduire (texte, document, code, message, bande, etc.).
2. Vérification et/ou mise en place du matériau à traduire
À moins que le donneur d’ouvrage ne le certifie « de qualité zéro défaut », tout matériau à traduire (texte, document, code, message, bande, etc.) doit faire l’objet d’une vérification. Dans certains cas, le traducteur devra également, pour permettre la traduction, effectuer des manipulations particulières [extraire le code, démonter le logiciel, mettre l’aide en ligne à plat, saisir, numériser, implanter le fichier dans un système de traduction assistée, etc.]
3. Analyse du matériau à traduire et choix d’options de traduction
Il ne peut y avoir « bonne » traduction sans une analyse sérieuse du matériau à traduire. Cette analyse du matériau à traduire fait ressortir les interrogations du traducteur, fixe les points appelant une recherche d’information, et permet de prévoir les éléments à négocier ou à déterminer avec le donneur d’ouvrage. En effet, la traduction est surtout une activité à options (parce qu'il existe toujours plusieurs façons de bien traduire) et le traducteur doit discuter et faire valider ses choix.
4. Recherche d’information, compréhension, élucidation du matériau à traduire
Le traducteur ne peut opérer de manière efficace s’il ne maîtrise pas parfaitement les contenus de ce qu’il doit traduire. Entendons par là qu’il doit maîtriser le contenu littéral, mais aussi tous les présupposés (notamment en termes d’objectifs de l’auteur) et toutes les implications du message. Il lui faut donc, lorsque le matériau à traduire traite d’un objet ou d’un sujet non banal au sens où le traducteur « ne le connaît pas bien », trouver (auprès de l’auteur, auprès de son client, auprès d’un confrère ou d’un collègue, par une étude du produit, via l’Internet, en consultant des informateurs, en lisant de la documentation appropriée, en suivant un cours, ou par tout autre processus efficace et rapide) les moyens de tout comprendre parfaitement.
5. Préparation de la matière première (terminologie, phraséologie, modèles, matériau primaire)
Comme tout processus de fabrication d’un produit particulier, le processus de traduction met en œuvre des matières premières. Parmi ces matières premières, il y a la connaissance et les savoirs du traducteur (Cf. supra) mais aussi, parce que plus visibles, la terminologie, la phraséologie, et les modèles de structuration et de formulation des énoncés. Très souvent aussi, les matières premières sont des éléments qui ont déjà été utilisés, soit dans une version antérieure du même document (dans le cas de la documentation de produits), soit dans des documents produits pour le compte du même donneur d’ouvrage ou dans des traductions antérieures (que l’on nommera « traductions en amont »). Ces divers éléments de matière première doivent être mobilisables et donc, au moins pour partie, spécifiquement mobilisés via une recherche ciblée de terminologie, de phraséologie, et de modèles d’énoncés. La mise en place préalable de la terminologie et de la phraséologie est d’ailleurs une nécessité absolue si l’on utilise un système d’aide à la traduction - système d’exploitation de mémoires de traductions, dictionnaire automatique, automate de traduction. En effet, tous ces systèmes d’aide mettent en oeuvre des tables de concordances, qu’il faut donc constituer ou mettre à jour avant toute nouvelle traduction.
6. Transfert
Une fois que le traducteur a vérifié et préparé le matériau, défini les options de traduction, acquis les savoirs qui lui faisaient défaut pour comprendre parfaitement le matériau à traduire, et mobilisé les modèles, termes et expressions qu’il utilisera, le processus de transfert peut se déclencher avec toutes les garanties de qualité requises.
7. Relectures (ou réécoutes en cas de traduction orale) et révisions
Une fois le matériau « traduit », il reste à vérifier que tout ce qui devait être traduit l’a effectivement été et que le résultat est conforme :
• aux règles de l’usage linguistique (correct, lisible, clair, accessible, transparent),
• aux spécifications du donneur d’ouvrage ou aux options retenues,
• aux principes de convergence entre le matériau de départ et le matériau finalement produit (concordances de sens, de finalités, d’objectifs) sous réserve d’une convergence des destinations [destination-public et destination-utilisation].
En pratique, on distingue la relecture/réécoute de la révision en ce sens que le relecteur signale les anomalies mais n’intervient pas sur la traduction, alors que le réviseur corrige la traduction. Lorsque le traducteur traite un matériau « critique », de multiples relectures/réécoutes et/ou révisions sont à envisager.
Un cas très particulier de relecture ou révision concerne les traductions par lots [traductions d’un même document par sections partagées entre plusieurs traducteurs], pour lesquelles une harmonisation (du style, de la terminologie, de la phraséologie et de toute autre composante critique) est indispensable.
8. Corrections
Il est de tradition de distinguer les corrections de la relecture/réécoute et de la révision. On considère généralement que les corrections doivent être confiées au traducteur, ultime responsable de son produit. Il est cependant fréquent que le réviseur ou le donneur d’ouvrage « corrige » la traduction sans en informer le traducteur.
9. Validation/Qualification
La traduction (produit fini) fait généralement l’objet d’une validation, notamment lorsque :
• le document ou matériau traduit est un « outil » ou un « instrument » (comme dans le cas des modes opératoires et guides divers - que l’on peut aisément tester - ou encore des logiciels « naturalisés » [« localisés », selon le jargon des traducteurs] - dont il faut impérativement vérifier le bon fonctionnement). On parle alors de qualification de la traduction ;
• le donneur d’ouvrage sait que le matériau produit est critique parce qu’il engage son image de marque ou parce que le risque économique ou technique est considérable.
10. Mise en forme/Édition
Une fois la traduction effectuée, contrôlée, corrigée, et validée, il peut s’avérer nécessaire de procéder à la démarche inverse de celle de la première phase et donc de reconstruire un matériau ou document complet (par des insertions graphiques, des intégrations de captures d’écrans, des montages) et, de plus en plus souvent, de le mettre en forme sur son support de diffusion final.
Le travail de mise en forme et d’édition peut, bien entendu, être assuré par des spécialistes autres que le traducteur. Il en va notamment ainsi dans les entreprises de traduction, qui disposent généralement de spécialistes maison, ou chez les donneurs d’ouvrage disposant de services de production documentaire et d’impression/édition. Il est cependant de plus en plus fréquent que le traducteur libéral soit amené à inclure ces éléments particuliers dans sa prestation.
11. Livraison
La livraison marque la fin de la prestation du traducteur.
Au-delà, le traducteur effectue, à titre personnel et en prévision des prestations futures, un ensemble d'opérations d'archivage et de suivi.
CONCLUSION
Ce très rapide survol du processus de traduction fait apparaître une série complexe d'étapes appelant chacune des interventions spécifiques mais aussi, comme nous le verrons plus loin, la mise en œuvre d’outils extrêmement divers et souvent complexes. On devine aussi, par le biais de cet organigramme, la multiplicité, la diversité et la technicité des compétences, savoir-faire et aptitudes requis dans une organisation dont l'objectif est d'éliminer la non-qualité. La complexité de l'organigramme met en lumière la diversité des points ou lieux où peuvent intervenir des éléments de non-qualité. Or, la « démarche qualité » vise essentiellement à éliminer les occurrences et les causes de non-qualité puis à prévenir tout risque de non-qualité. C'est pour cette raison que nous nous attacherons à identifier les constituants et les opérateurs de l'activité de traduction en dégageant, pour chacun d'entre eux, les risques de non-qualité, les moyens de prévenir ces risques et les moyens de gagner systématiquement en qualité.
La démarche s’appuiera sur une analyse préalable de la nature et des enjeux de la qualité en traduction.
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