Fille de joie

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  • المصطفى العمري
    أديب وكاتب
    • 24-09-2010
    • 600

    Fille de joie

    Fille de joie


    Issue d'une famille pauvre et nombreuse, je n'allai plus à l'école. Papa décida de m'offrir à une famille dans le grand besoin d'une bonne. Une famille composée d'un papa juriste, d'une maman administratrice, d'une fille de huit ans et de deux garçons de treize et seize ans. J'avais onze ans et je devais m'occuper de toutes les besognes ménagères. Je me levais à six heures, je mettais le lait sur le feu, je remplissais la baignoire, je frappais doucement à la porte de monsieur et madame Lalla qui se réveillaient paresseusement, monsieur allait le premier se jeter dans l'eau chaude et Lalla s'introduisait dans la cuisine à préparer le déjeuner que je mettais à table. Je réveillais les enfants qui faisaient leur toilette un à un, je faisais leurs chambre, je mettais tout en ordre. A sept heures et demie tout le monde était déjà dehors quant à moi je me mettais à exécuter les directives de Lalla: Ranger les chambres, laver le linge sale, faire la vaisselle, préparer le pain.... i
    Quatre années s'étaient écoulées ainsi sans que ma situation connût le moindre changement, toujours le même devoir. Un matin que tout le monde était parti, le jeune garçon âgé de vingt ans fut de retour, tourna la clé à double reprise, entra et me lança un bonjour doux auquel personne dans cette maison ne m'habitua. Il se mit debout à mes côtés à la cuisine, je lavais les derniers verres, il me toucha, s'approcha de mois se colla à moi et me dit des mots que personne ne m'avait dits auparavant: Papa ne m'avait jamais dit que j'étais un trésor. J'avais quinze ans et lui vingt ans il m'embrassa, une odeur séduisante se dégagea de ses vêtements, il me caressa à des endroits qui me donnèrent des sensations que je ne sais décrire, j'avoue que cela me fit du plaisir, beaucoup de plaisir que je ne me rendis même pas compte de se qui allait se passer. Il me fit jurer de ne rien raconter à personne et je n'avais jamais rien raconté. Deux mois plus tard j'eus des nausées, je vomissais beaucoup chaque fois que je sentis l'odeur des repas, Lalla se douta de quelque chose. i
    . " Qui vient à la maison en notre absence? Dis " ya bent lahrram -
    ..... Personne Lalla. Wallah laadim. C'est-
    .C'est quoi? Réponds-
    .C'est sidi Sghir qui fut de retour un matin après votre départ-
    Que t'a-t-il fait " Boubnate"? i
    -
    !!!!.... Il...Il...Il-
    .Je comprends-
    Lalla m'emmena chez le médecin, il me mit une souris pareille à celle de l'ordinateur sur le ventre et regarda sur l'écran. i
    .Aala slamtek me dit-il-
    Ta fille est enceinte mbark massoud, dit-il à Lalla qui émit un de ces sourires à faire trembler les morts. i
    A la maison elle me menaça. i
    Si tu dis que c'est à cause de mon fils, son papa t'enverra en prison tu sais qu'il est avocat. Tu le sais ou non? i
    .Oui Lalla-
    -Demain je t'emmènerai chez un ami de la famille il te débarrassera de cette kerch abente lahram : (de ce ventre ballonné) i
    On m'allongea sur un lit à roulettes, j'eus peur, on me piqua, je m'endormis profondément. Quand je revins à moi-même, je me vis allongée sur un lit à la maison, je me levai, j'allai à la cuisine j'eus une soif atroce. Deux jours après, je redevins la fille que j'étais plus de nausée, plus de fatigue, je me mis à mes activités comme avant. Vers la fin du troisième mois Papa vint chercher l'argent. Il venait chaque trois mois prendre mon squelettique salaire comme il était convenu. i
    .Nous ne voulons plus de ta fille-
    J'accompagnai Papa chez nous au Douar. Maman me posa des questions, et des questions, des comment, des pourquoi. Un torrent de questions me tomba sur la tête, je répondis innocemment, maman s'enragea. i
    .Viens, approche, fais voir. Me dit-elle-
    Je m'ouvris, elle introduisit son doigt et cria comme une folle: i
    .Plus rien, plus rien a lhmara, kelba. Si ton père sait, il te tuera-
    Je pleurai à chaudes larmes: Lalla m'enverra en prison, papa me tuera. Est-ce de ma faute? Il vaut mieux que je m'en aille d'ici. Aussitôt pensé aussitôt appliqué. i
    Je profitai de l'absence de mes parents, ils furent chercher de l'herbe pour la seule chétive vache que nous possédions, je fis mon sac, pris de l'argent, et allai à pieds trois kilomètres pour atteindre la route asphaltée, je pris l'autocar à destination..... i
    Je pris place et je commençai à sangloter quand une femme âgée d'une cinquantaine d'années s'approcha de moi et m'interrogea: i
    - Qu'est-ce que tu as à pleurer ainsi ma fille, aurais-tu perdu un parent chéri? i
    J'essuyai mes larmes à l'aide de mes paumes et répondis: i
    .Ce n'est rien-
    ?Où vas-tu? C’est quoi ta destination-
    .Je ne sais pas, n'importe où, mais loin d'ici-
    ?Tu fuis tes parents ou ton mari-
    .Pour l'instant, je fuis tout le monde-
    Les yeux de la quinquagénaire brillèrent, une allure de joie se dessina sur son visage, pareille à celle d'un enfant qui retrouve son jouet préféré perdu quelque part. Elle m'invita sur un ton maternel à passer la nuit chez elle. i
    -Viens passer la nuit chez moi et demain matin tu décideras à tête reposée. Ne sachant ni où aller ni où passer ma première nuit d'aventurière, j'acceptai l'invitation de l'inconnue... Une fois chez elle, elle me demanda de prendre place et de faire comme si c'était mon domicile parental. Je jetai un coup d'œil dans les cinq chambres que contenait cette maison et je fus étonnée par un détail un peu particulier, dans toutes les chambres sans exception aucune, il y avait un lit à deux places. Quel goût! Me dis-je en mon tréfonds. Quelques instants après deux jeunes filles accédèrent à l'intérieur. i
    !C'est une nouvelle? Dis Mi Malika-
    .Oui c'est une nouvelle, vous devez lui apprendre le métier-
    A ces mots je voulus prendre congé de l'inconnue Mi Malika, Quand elle me fit sur un ton menaçant le discours suivant: i
    -Ne pense plus jamais à l'extérieur, tu resteras ici pour toujours si tu fais exactement ce que je te dis, si les clients sont satisfaits tu seras la plus gâtée de toutes, sinon tu auras le plus austère des châtiments. Ne pense surtout pas à crier ou à demander le secours, personne ne t'entendra. i
    Je passai ma première nuit sans que personne ne vînt me déranger. Le matin on me réveilla. Mi Malika me demanda de prendre une douche et me donna des vêtements transparents à mettre, c'était le mois de septembre il faisait encore chaud. Je prenais mon petit déjeuner quand quelqu'un frappa à la porte, on ouvrit, un homme de presque quarante cinq ans entra. i
    ?C'est elle la nouvelle-
    Mi Malika répondit: i
    . Oui, régale toi, mais va doucement elle est encore sous le choc
    Accompagne le monsieur dans ta chambre et ne lui refuse surtout rien, il doit sortir satisfait sinon tu le regretteras, m'ordonna-t-elle. i
    La chose était dure, insupportable , écœurante mais malgré moi je la fit, c'était ma première humiliation, mon premier pas dans un labyrinthe infernal que je devais parcourir pour de longues années à donner la joie et à en récolter de l'amertume jusqu'à devenir insensible à tous ces hommes-animaux qui me caressaient avec leurs sales mains ou m'embrassaient avec leurs bouches nauséabondes tellement ils buvaient. Je fus leur jouet pendant deux décennies et demie à satisfaire leurs fantasmes les plus débiles...à répondre à leurs caprices les plus insensés. Maintenant que je suis vieille et malade on me jette comme un torchant usé par de l'eau javellisée. Je suis une douleur parlante, marchant à trois et tendant la main à qui d'un sou courrait à mon secours. i



    Mustapha EL OMARI
    .

    ارحل بنفسك من أرض تضام بها.....ولاتكن من فراق الأهل في حرق
    من ذل بـين أهالـيه ببلدتـه..... فالإغتراب له من أحسن الخلق.

    عن الإمام الشافعي

  • وليد العكرمي
    أديب مترجم
    • 22-08-2013
    • 324

    #2

    Une autre victime, cette fois une petite fille, bonne à onze ans puis fille de joie à l’âge de vingt ans. Privée de ses moindres droits d’enfant, elle ne jouissait plus de son enfance comme tous les enfants de son âge. Abusée sexuellement puis humiliée après avoir découvert sa grossesse, menacée d’aller en prison parce que le juriste « en avait les clefs ».

    Quelle infamie d’avoir une telle mère et un tel père, quand ils sont incapables de fournir les besoins de leurs enfants et quand ils sont inaptes même de les protéger. Ils ne méritent que d’être condamnés pour complicité. Ce sont eux qui ont mis cette enfant dans la voie de la prostitution malgré elle
    Cher écrivain
    Mustapha El Omari, je vous remercie infiniment d’avoir partagé ce beau texte malgré la sensation de répugnance qui m’envahit en voyant cette petite créature innocente perdue dans ce « labyrinthe infernal »
    التعديل الأخير تم بواسطة وليد العكرمي; الساعة 22-04-2014, 04:42.

    تعليق

    • منيره الفهري
      مدير عام. رئيس ملتقى الترجمة
      • 21-12-2010
      • 9870

      #3
      رغم ما جاء في هذه القصة من وجع ..رغم ما احسست به من رأفة فاحتقار ثم حزن
      رغم كل هذا أعدت قراءة النص من جديد لأستمتع بهذه اللغة الجميلة الموليارية التي أعشقها
      شكرا لإماطة اللثام على ضحية أخرى من مجتمعنا و الواقع
      كنت رائعا في السرد حتى لكأننا نعرف كل شخصية من شخصيات القصة
      و من أدرانا ربما كنا نعرف المئات منها
      كل التقدير لقلمك المبدع أخي و أستاذي العزيز
      المصطفى العمري
      تحياتي التي تليق

      تعليق

      • حاتم سعيد
        رئيس ملتقى فرعي
        • 02-10-2013
        • 1180

        #4
        بكل تأكيد و بكل ما في الكلمة من معنى أحسنت أيها الأستاذ العزيز ، لغة سهلة ووصف ممتاز ،واخراج أكثر من رائع.
        هناك من يأتي لهذا العالم و لا يكون له أي اختيار في تقرير مصيره ، ضحايا منذ الولادة و لو كنت سأضيف محنة أخرى لاخترت أن هذه الضحية ستكون نهايتها الرجم و الجلد على أيدي أدعياء الدين دون أن يحاسبوا من كان السبب .
        شكرا لقلمك أستاذي
        مع تحياتي

        من أقوال الامام علي عليه السلام

        (صُحبة الأخيار تكسبُ الخير كالريح إذا مّرت بالطيّب
        حملت طيباً)

        محمد نجيب بلحاج حسين
        أكْرِمْ بحاتمَ ، والإبحارُ يجلبُهُ...
        نحو الفصيح ، فلا ينتابه الغرقُ.

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