من سلسلة : مذكرات بلد القيقب
A ceux qui rêvent de voir Venise et mourir, je répliquerais plutôt ceci: voir le Cirque du Soleil et…au lieu de mourir, commencer à vivre! Non pas que l’antique cité des amoureux soit sans aucune grâce à mes yeux, mais je dirais que c’est plutôt une affaire de goût. Et puisque des goûts on ne discute point, mon dicton serait en toute vraisemblance ceci: voir la Mecque et mourir. Mais en attendant, allons-y au cirque. C’est du moins ma fraîche impression avec laquelle je sors ce soir. J’ai eu l’heureuse occasion de voir la toute nouvelle projection 3D du fabuleux Cirque du Soleil, la mythique troupe internationale d’origine canadienne. m
Produit par l’autre mythique Canadien, James Cameron – le réalisateur, entre autres, de Titanic et de Avatar, le film Le cirque du soleil: Worlds Away nous invite à un imaginaire voyage plein de fantaisie sur fond amoureux. Comme il est de coutume dans les mega productions du Cirque du Soleil, le film de ce soir nous livre un spectacle artistique, visuel, vestimentaire, sonore hors pair digne de la réputation de la troupe qui fait la loi et l’ordre en la matière. Contrairement aux mystérieux objets volants non identifiés (OVNI) dont tout le monde parle sans que personne ne puisse témoigner de leur existence, les sujets du cirque ne sont ni objets ni non identifiés. On les identifie clairement. Et ils sont bel et bien volants. Ce sont une myriade d’artistes suffisamment talentueux pour nous convaincre qu’ils n’entretiennent pas nécessairement comme nous le même rapport avec les lois de la gravité. En escaladant les murs comme de véritables hommes araignées ou en battant des ailes dans l’air comme des chauves-souris, en nage synchronique par des sirènes réincarnées ou en combat à haute voltige par des samurai réinventés, ces doux magiciens de l’amusement nous transportent avec eux dans les airs sur le rythme captivant du mouvement des corps et du son envoûtant de la musique. Tout est savamment orchestré dans une romantique harmonie à synchronie parfaite. Le temps du spectacle, on redéfinit nos puériles perceptions du temps (le temps tout simplement semble s’arrêter), de l’espace (tout ou presque se passe dans les airs), des éléments (de l’eau jaillit du feu; de la terre on se propulse dans l’air) et de la relation entre tout cela (aucun signe de conflit, tout est en parfaite harmonie).
Le spectacle du Cirque réussit – ne serait-ce que le temps de la projection – à faire réaliser l’éternel rêve des humains: vivre en parfaite symbiose avec la nature. Et l’amour dans tout cela? C’est dans le fond à la fois la quête du Spectacle et sa finalité. Les deux protagonistes qui se sont séduits du premier regard furtif, se perdent subitement de vue suite à une chute accidentelle du jeune homme qui se livrait à un numéro dans l’air. La jeune femme s’en va à sa recherche. De chapiteau en chapiteau, elle nous invite à la suivre dans sa quête tout en admirant les plus belles performances artistiques jamais réalisées. La scène finale, lorsque les deux amoureux se rencontrent, marque le moment fort du Spectacle. D’une poésie physique et sensorielle majestueuse, les deux jeunes protagonistes nous offrent une chorégraphie – aérienne – délicieusement rythmée nous amenant ainsi à vivre un moment magique d’une rare osmose artistique. m
On en sort ébloui, rajeuni, peut-être même purifié. Une véritable thérapie par le cirque. Effet de catharsis.m
Voilà pourquoi je répliquais: voir le Cirque du Soleil – voir n’importe quel cirque – et…commencer à vivre!m
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