Je suis sur le point de terminer une corvée, une magnifique corvée qui a débuté vers la fin de l’année: la lecture du roman historique « Le lecteur de cadavres ».m
Plus de 600 pages, une fresque romanesque richement documentée, une immersion éblouissante dans la Chine du XIIIe siècle avec toutes ses contradictions: ses bassesses, ses tartufferies, ses crimes, ses rites, ses « fleurs » – nom donné à l’époque aux vendeuses de charme; mais aussi ses érudits, ses lois, son raffinement, ses complots meurtriers. Ce sont les principaux ingrédients que nous propose l’auteur espagnol Antonio Garrido dans ce fabuleux roman historique de la Chine du Moyen-âge.
Le roman met en scène la vie – tumultueuse – de Ci Song, un paysan qui a réellement existé, et qui a été condamné dès son très jeune âge à fuir son village natal pour un ou des crimes qu’il n’avait jamais commis. Bien au contraire. Des crimes qu’il est le seul à pouvoir résoudre grâce à son don inné d’abord, peaufiné par la suite, pour l’observation et l’analyse des causes et conséquences d’un crime…presque n’importe quel crime. Ces talents surnaturels lui valent le titre de « Lecteur de cadavres »; un titre qui s’avérera à la fois prétentieusement mérité et dangereusement porté.
C’est en plongeant dans la Chine du XIIIe siècle que nous comprenons un peu mieux les raisons du réel danger que court celui qui porte un tel titre. C’est qu’à l’époque, la médecine n’était en aucun cas considérée comme une science – mais plutôt un charlatanisme – qui ne pourrait jouir du respect de la communauté savante de l’époque (qui ne jure que par les Arts et les Lettres). D’autant plus, en Chine de l’époque il est strictement interdit de procéder à une chirurgie sur un corps vivant – ce qui serait considéré comme un crime. Encore moins sur un cadavre – ce qui serait totalement jugé comme un crime blasphématoire conduisant son auteur tout droit à sa mort. De telles considérations nous paraissent aujourd’hui hilarantes, pour ne pas dire stupides. Or, c’est ce que préconisent à l’époque les préceptes fondamentaux du confucianisme, l’une des plus grandes écoles philosophiques, morales et politiques en Chine dont l’enseignement est développé à partir de l’œuvre philosophique attribuée à Kongfuzi (551-479 av. J.-C.), connu en Occident sous le nom latinisé de Confucius.m
Cela dit, l’intervention de Ci Song sur les cadavres doit se pratiquer dans la plus haute discrétion. Pire. Sous les ordres personnelles de l’Empereur. S’il arrive à identifier les causes du décès, c’est l’accès à la gloire. S’il échoue…c’est la mort.m
Et c’est un peu cela le contexte socio-historique qui voit naître Ci Song, « Le lecteur de cadavres », considéré comme le premier médecin légiste de l’histoire.m
Plus de 600 pages, une fresque romanesque richement documentée, une immersion éblouissante dans la Chine du XIIIe siècle avec toutes ses contradictions: ses bassesses, ses tartufferies, ses crimes, ses rites, ses « fleurs » – nom donné à l’époque aux vendeuses de charme; mais aussi ses érudits, ses lois, son raffinement, ses complots meurtriers. Ce sont les principaux ingrédients que nous propose l’auteur espagnol Antonio Garrido dans ce fabuleux roman historique de la Chine du Moyen-âge.
Le roman met en scène la vie – tumultueuse – de Ci Song, un paysan qui a réellement existé, et qui a été condamné dès son très jeune âge à fuir son village natal pour un ou des crimes qu’il n’avait jamais commis. Bien au contraire. Des crimes qu’il est le seul à pouvoir résoudre grâce à son don inné d’abord, peaufiné par la suite, pour l’observation et l’analyse des causes et conséquences d’un crime…presque n’importe quel crime. Ces talents surnaturels lui valent le titre de « Lecteur de cadavres »; un titre qui s’avérera à la fois prétentieusement mérité et dangereusement porté.
C’est en plongeant dans la Chine du XIIIe siècle que nous comprenons un peu mieux les raisons du réel danger que court celui qui porte un tel titre. C’est qu’à l’époque, la médecine n’était en aucun cas considérée comme une science – mais plutôt un charlatanisme – qui ne pourrait jouir du respect de la communauté savante de l’époque (qui ne jure que par les Arts et les Lettres). D’autant plus, en Chine de l’époque il est strictement interdit de procéder à une chirurgie sur un corps vivant – ce qui serait considéré comme un crime. Encore moins sur un cadavre – ce qui serait totalement jugé comme un crime blasphématoire conduisant son auteur tout droit à sa mort. De telles considérations nous paraissent aujourd’hui hilarantes, pour ne pas dire stupides. Or, c’est ce que préconisent à l’époque les préceptes fondamentaux du confucianisme, l’une des plus grandes écoles philosophiques, morales et politiques en Chine dont l’enseignement est développé à partir de l’œuvre philosophique attribuée à Kongfuzi (551-479 av. J.-C.), connu en Occident sous le nom latinisé de Confucius.m
Cela dit, l’intervention de Ci Song sur les cadavres doit se pratiquer dans la plus haute discrétion. Pire. Sous les ordres personnelles de l’Empereur. S’il arrive à identifier les causes du décès, c’est l’accès à la gloire. S’il échoue…c’est la mort.m
Et c’est un peu cela le contexte socio-historique qui voit naître Ci Song, « Le lecteur de cadavres », considéré comme le premier médecin légiste de l’histoire.m
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