Ceci est un roman composé de tronçons de vie arrachés à l'oubli que je publierai tronçon par tronçon au fil des jours
Tronçons de vie
Tronçons de vie
T - 1
Lalla laaziza, que Dieu lui accorde longue vie et bonne santé comme le lui souhaitent ses enfants et ses voisins les plus proches, était une jeune fille révoltée et royalement amoureuse d’une liberté quasi totale. i
A quoi lui servirait de devenir l’épouse d’un homme qui l’agacerait par ses questions débiles et interminables, ses soupçons insensés et sa permanente présence à l’étouffer ? i
Et pourtant elle se maria et eut des enfants, beaucoup d’enfants. Elle épousa, comme par vengeance du destin, un homme qui passerait pour son père. Il avait trente six ans de plus qu’elle, jeune fille de dix-huit ans. Il mourut à l’âge de soixante douze ans et lui laissa neuf bouches à nourrir. Pauvre Lalla Laaziza pour qui tous les billets de banque ont la même valeur : entre un billet de vingt dirhams et celui de cent elle ne faisait pas de différence aucune. i
Sidi Chrif, l’époux de Lalla Laaziza, lui, que Dieu l’ait dans son vaste paradis comme le lui souhaitent ses enfants et sa veuve chaque fois qu’on évoque son nom, était Imame. Comme il ne savait pas quoi faire entre deux prières, il entrait dans sa chambre intime et en sortait une demi-heure après pour prendre un bain. i
Il ne faut jamais aller à la rencontre d’Allah le corps et l’âme souillés, disait-il, extasié, à sa jeune épouse Lalla Laaziza. i
La navigation perpétuelle de Sidi Chrif de sa chambre à la salle de bain ne le fatiguait jamais. C’était là un rituel qu’il pratiquait avec abnégation, serviabilité et exaltation. Neuf enfants, cinq garçons et quatre filles furent le fruit amèrement délicieux ou délicieusement amer du combat quotidien que Sidi Chrif menait sans relâche entre sa chambre et la salle de bain.Neuf enfants que Lalla Laaziza récolta de ses dix huit années de vie commune avec Sidi Chrif. i
Lalla laaziza, que Dieu lui accorde longue vie et bonne santé comme le lui souhaitent ses enfants et ses voisins les plus proches, était une jeune fille révoltée et royalement amoureuse d’une liberté quasi totale. i
A quoi lui servirait de devenir l’épouse d’un homme qui l’agacerait par ses questions débiles et interminables, ses soupçons insensés et sa permanente présence à l’étouffer ? i
Et pourtant elle se maria et eut des enfants, beaucoup d’enfants. Elle épousa, comme par vengeance du destin, un homme qui passerait pour son père. Il avait trente six ans de plus qu’elle, jeune fille de dix-huit ans. Il mourut à l’âge de soixante douze ans et lui laissa neuf bouches à nourrir. Pauvre Lalla Laaziza pour qui tous les billets de banque ont la même valeur : entre un billet de vingt dirhams et celui de cent elle ne faisait pas de différence aucune. i
Sidi Chrif, l’époux de Lalla Laaziza, lui, que Dieu l’ait dans son vaste paradis comme le lui souhaitent ses enfants et sa veuve chaque fois qu’on évoque son nom, était Imame. Comme il ne savait pas quoi faire entre deux prières, il entrait dans sa chambre intime et en sortait une demi-heure après pour prendre un bain. i
Il ne faut jamais aller à la rencontre d’Allah le corps et l’âme souillés, disait-il, extasié, à sa jeune épouse Lalla Laaziza. i
La navigation perpétuelle de Sidi Chrif de sa chambre à la salle de bain ne le fatiguait jamais. C’était là un rituel qu’il pratiquait avec abnégation, serviabilité et exaltation. Neuf enfants, cinq garçons et quatre filles furent le fruit amèrement délicieux ou délicieusement amer du combat quotidien que Sidi Chrif menait sans relâche entre sa chambre et la salle de bain.Neuf enfants que Lalla Laaziza récolta de ses dix huit années de vie commune avec Sidi Chrif. i
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