Je m'appelle Babou - 4
Note préliminaire: Les parties de la série "Je m'appelle Babou" n’étant pas chrono-logiques, donc non linéaires, le lecteur a le loisir de commencer par n’importe quel épisode de son choix sans le risque de perdre le fil puisque chaque partie est autonome par rapport aux autres. La liberté de circulation entre les différentes sections de la série est la seule règle qui s’impose. Le lecteur est maître de la situation puisqu’il a le contrôle absolu de la narration. Ceci étant dit, passons sans tarder à l’episode suivant que j'intitule: Arrêt sur images. Voici pourquoi: m
Au beau milieu des années 80, les week end d’ un enfant au primaire et d’un adolescent au secondaire n’ont absolument rien en commun avec la représentation que nous avons aujourd’hui des week end de cette même catégorie de l’espèce : nous étions des experts en matière d’évasions intrépides et nous prenions tous les risques -parfois sauvagement- pour ne rater aucune seconde de cette « mise en liberté conditionnelle » tant méritée après une semaine d’enfer passée entre les murs d’une institution qui évoque davantage les donjons ténébreux du Moyen-âge que je ne sais quel établissement scolaire. Cette dernière appellation étant un net abus du langage !m
Ce qui m’amène à évoquer - avec la plus profonde des amertumes - la première école véritable au sein de laquelle j’ai fait mes débuts avec la construction de l’imagination et grâce à laquelle j’ai réellement commencé mes ateliers pratiques de l’écriture et de la narration: ce n’était point à l’école « officielle », cette majestueuse forteresse injectée au fond d'un quartier bourgeois hautement sécurisé fréquenté par de belles Musettes trompées jusqu'au cou dans l'eau de jasmin; c’était plutôt au fond des salles obscures, sales et contiguës du cinéma du quartier où les Musettes cèdent la place aux gorilles, les petits comme les grands, aux visages balafrés soufflant de la mauvaise haleine et aux habits troués où logent dans une osmose heureuse et harmonieuse, l'ail et camphre.m
Eh oui! C’est le cas de le dire jusqu’à l’aveu volontaire sans torture: le cinéma du quartier, cet édifice vieux comme l'homme et délabré comme les vestiges romaines de Walili, à qui l’on donnait l’exotique nom de : Cinéma Mauritanie, dite dans le jargon local: cinima moritania. Je vous donne les détails: à suivre
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